Rodage du moteur au ralenti : un endommagement des composants inévitable

Rodage moteur au ralenti

Dans de nombreux pays, les ateliers ou entreprises de rectification pratiquent une forme de rodage du moteur parfaitement inutile et particulièrement dommageable.
Il s’agit de faire fonctionner le moteur au ralenti des heures, voire des jours durant, après sa pose. L’argument souvent avancé étant que cette méthode permet de ménager le moteur et d’éviter l’apparition de dommages, du fait que le moteur n’est pas soumis à des charges.

Attention : une marche au ralenti, des heures durant, est très dommageable au moteur ! Un rodage du moteur n’est pas possible au ralenti. Cette méthode présente un risque d’usure et de détérioration élevé.

Le rodage au ralenti pose les problèmes suivants :

Rodage moteur au ralenti A● À défaut de régime, la pompe à huile génère une pression insuffisante et ne fournit pas assez d’huile aux points à lubrifier.
● La lubrification et le refroidissement des coussinets sont insuffisants. Les saletés et la limaille d’abrasion ne sont pas évacuées par rinçage des coussinets.
● La quantité d’huile sortant des coussinets est insuffisante. De ce fait, le jet d’huile projeté sur la paroi du cylindre est insuffisant. Les saletés et la limaille d’abrasion n’étant pas évacuées, elles causent dès lors une usure accrue et des dommages (A).
● Le clapet de refroidissement du piston par gicleur (flèche sur le visuel A) ne s’ouvre pas au ralenti. Le piston n’est pas refroidi et le manque d’huile entraîne une lubrification insuffisante au niveau de l’axe de piston et de la bague de pied de bielle.
● La lubrification et le refroidissement des turbocompresseurs sont insuffisants.

Un fonctionnement de 20 minutes au ralenti est déjà dommageable au turbocompresseur, non seulement durant le rodage, mais aussi dans les conditions de fonctionnement normales.

● D’autres composants, plus éloignés mais également alimentés en huile de pression, tels que les soupapes, l’arbre à cames et les culbuteurs, risquent, dans certaines conditions, de ne plus suffisamment, voire plus du tout, être alimentés en huile.
● Au ralenti, les segments de pistons ne peuvent pas assurer une étanchéité à 100 %. Sur leur passage, les gaz de combustion brûlants chauffent la paroi du cylindre et détériorent le film d’huile. Dans des conditions défavorables, il est possible que de l’huile parvienne même dans la chambre de combustion.
Conséquence : fumée bleue et sortie d’huile de l’échappement.

Lubrification en charge

Rodage moteur au ralenti BLe Visuel B représente la lubrification d’un moteur tournant à régime moyen. Le niveau de régime plus élevé garantit une pression d’huile suffisante pour assurer l’ouverture des clapets des gicleurs d’huile et l’alimentation des canalisations de refroidissement par huile des pistons en huile fraîche (1). L’huile retombant goutte à goutte après avoir refroidi les pistons assure également à son retour le refroidissement des axes de piston.

La lubrification des surfaces du cylindre, en dessous des pistons, est assurée par une pulvérisation, en quantité suffisante de l’huile sortant des coussinets du vilebrequin conçus à cet effet. 

Le rodage des moteurs après révision

Attention : à défaut de banc d’essai pour effectuer un programme de rodage défini, il convient de roder le moteur sur route.

Recommandations de rodage sur route :
● Ne pas charger le véhicule au maximum.
● Faire tourner le moteur en faisant varier constamment le régime, sans dépasser les 2/3 du régime maximum.
● Lors du parcours sur route, passer rapidement les vitesses et éviter de rouler en sous-régime.
● Ne pas tirer les rapports.
● Ne pas effectuer de longs trajets en côte (charge trop élevée).
● Ne pas effectuer de longs trajets en descente (charge insuffisante et poussée défavorable).
● Ne pas utiliser les dispositifs de frein moteur.
● Ne pas rouler sur autoroute ni à vitesse maximale.
● Éviter les embouteillages. Les trajets de type interurbain et la circulation en ville fluide sont l’idéal. Ne pas effectuer cependant de trajet en ville à des températures extérieures très élevées ni durant les heures de pointe avec de nombreux arrêts et temps d’attente aux feux.

Autres précisions :
● Il convient de contrôler en permanence le niveau d’huile durant la phase de rodage. Il se peut que la consommation d’huile soit accrue durant la phase de rodage.

Il est conseillé de contrôler le niveau d’huile tous les 50 à 100 km et de faire l’appoint au besoin. En cas de chute nette du niveau d’huile mesuré avec la jauge d’huile, continuer de contrôler le niveau d’huile à des intervalles réduits.

● Ne pas dépasser le niveau maximum de remplissage d’huile.
● Vidange d’huile au bout de 1000 km
et, très IMPORTANT, avec remplacement du filtre à huile. Les impuretés et la limaille d’abrasion résultant du rodage doivent être évacués du moteur.